Bons baisers de Russie

Le 02/02/2012 à 16:52, Julien Raff
Bons baisers de Russie

Pour la première fois cette année, la Folle Journée déborde de la Cité des Congrès de Nantes pour investir le Lieu. Ça tombe bien, c’est là qu’ARTE Live Web a posé ses caméras pour vous faire vivre pas moins de six concerts sur le world wide web.

 

Au programme, beaucoup de Tchaïkovski, un peu de Prokofiev, un zeste de Rachmaninov, une tranche de Rimski-Korsakov, une touche de Moussorgski et quelques gouttes en infusion de Stravinsky. En complément, ce sera l’occasion d’entendre des œuvres de compositeurs un peu moins célèbres : Tsigankov, Budachkine ou Ustvolskaya.

 

Mais, parlons peu, parlons Tchaïkovsky. Esprit torturé né en 1840, l’âme slave par excellence. Il ne faisait pas partie du « groupe des 5 » (Mily Balakirev, César Cui, Modeste Moussorgsky, Nicolas Rimski-Korsakov, Alexandre Borodine, la matrice de la musique russe du XIXe siècle), mais il a donné à la musique de son pays une aura internationale, qui ne se réduit pas (un peu facilement) à sa musique de ballet.

 

C’est cette âme slave qui sera au cœur du concert du Terem Quartet. Il interprétera trois arrangements sur des partitions du compositeur. Cet ensemble venu directement de Saint Petersburg (et dont le site internet est exclusivement en russe) s’est spécialisé dans des interprétations pour le moins décalées des œuvres du répertoire. Il se compose d’un accordéon, d’une balalaïka, et de deux domras. Vous ne connaissez pas ? Ce sont des genres de luths locaux. Et la balalaïka, c’est la contrebasse du coin, plutôt impressionnante. Pas sûr que Tchaïkovsky n’ait jamais composé pour ses instruments, mais le folklore russe n’en sera que mieux respecté. Autour de ces trois pièces, on entendra une composition originale (Le Petit Prince, déjà joué à la Folle Journée de 2007), une œuvre de Rimski-Korsakov et enfin deux pièces, l’une de Budachkine, l’autre de Tsigankov, tous deux compositeurs de musique traditionnelle russe.

 

 

Terem Quartet

 

Les autres concerts de notre journée seront largement plus classiques. Les fans de Tchaïkovsky pourront se ressaisir grâce aux classiques variations sur un thème rococo pour violoncelle et orchestre opus 33 interprétés par le violoncelliste Edgar Moreau. Composé entre 1876 et 1877, l’œuvre se joue avec un petit orchestre composé pour la Folle Journée de l’ensemble Muscia Viva sous la direction d’Alexander Rudin. Il sera complété par le trio pour piano et cordes n° 1 en ré mineur opus 32 (1894) d’Anton Arenski. Ce dernier n’a pas eu le temps de vraiment s’affranchir de ses idoles, Rimski-Korsakov et Tchaïkovsky, d’autant qu’il est décédé des suites d’une tuberculose à l’âge de 45 ans.

 

Grand voyageur, Tchaïkovsky avait une passion pour l’Italie qui lui inspira, entre autres, le sextuor à cordes Souvenir de Florence (créé en 1892). Pourquoi Souvenir de Florence ? Parce qu’il en a composé le thème en 1890 pendant un été passé en Europe. Ce concert sera complété par le quatuor à cordes n° 2 en fa majeur opus 92 de Prokofiev.

 

Contemporain de Tchaïkovksy, mais membre du « Groupe des 5 » avec Rimski-Korsakov et Borodine, Moussorgski a composé sa fresque pianistique Tableaux d’une exposition en 1874 en moins de six semaines pour la célébration des travaux de l’architecte et artiste Viktor Hartmann, un grand ami du compositeur et mort l’année précédente d’une rupture d’anévrisme. Ses dix pièces décrivent les œuvres d’Hartmann, même si on ne sait guère aujourd’hui à quelles œuvres il est fait référence. À la Folle Journée, c’est le pianiste David Kadouch qui les interprétera en complément d’un prélude et fugue en sol dièse mineur opus 29 de Taneïev (1856-1915, qui créa le premier concerto pour piano de Tchaïkovksi à Moscou) et d’une sonate Reminisenza en la mineur opus 38 n° 1 de Medtner (1880-1951).

 

Plus moderne que Tchaïkovksy, Stravinsky sera au cœur d’un concert avec son œuvre Renard, une histoire burlesque chantée et jouée pour deux ténors, deux basses et ensemble instrumental, composée en 1916 par Igor Stravinsky (1882-1971), trois ans après son Sacre du printemps. Ballet, chanté depuis la fosse, l’œuvre n’a été créée pour la première fois qu’en 1922 à l’Opéra de Paris.

 

Nous terminerons notre panorama russe par un patchwork : six romances pour piano et soprano de Rachmaninov (1873-1943) avec au chant Yana Ivanilova et à l’instrument Andreï Korobeinikov et, par la suite des œuvres pour piano de Scriabine (1872-1915), Roslavets (1881-1944) et Ustvolskaya (1919-2006, seule compositrice de nos concerts) qui a travaillé sous l’enseignement de Chostakovitch.

 

Là-dessus, un verre de vodka en trinquant « zdarovié » et on ira enfin se coucher !

 

Photo © Cercamon 

 

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Derniers commentaires

 

J'adore cette danse tout simplement
Merci pour cet article, j'ai fait un petit site web qui est consacré à la kuduro dance exclusivement
Bonne continuation
love kuduro !!!
http://www.kudurodance.com

ricardo,
dans Bouge ton Kuduro

Mille mercis pour toutes ces informations, dont la plus succulente fait mention de l'influence non négligeable du cultissime JCVD dans la genèse du mot kuduro. Quant à la performance du Buraka, tout simplement colossale!

A quand des opéras russe en France comme "le prince Igor" de Borodin ou "le coq d'or" de Rimsky-Korsakov ?! On peut plus se contenter de Tchaïkovski!

On vient de le recevoir. Il sera disponible demain.

Je ne trouve pas le concerto pour violon de Tchaïkovski, donné hier 5 février par une violoniste exceptionnelle. Quand le mettrez-vous en ligne? Merci.

Ysabelette,
dans Bons baisers de Russie