Mahler écrit sa 9e symphonie au cours de l’été 1909 à Toblach. La partition n’a pas été mise sous presse de son vivant. De ce fait, et comme souvent pour les œuvres de Mahler, les spécialistes se sont interrogés sur son authenticité. Qu’est-ce que le compositeur aurait pu faire imprimer, lui qui remaniait ses œuvres sans cesse, et les modifiait encore à chacune de leur exécution ? Une chose est claire : la pensée de Mahler a dû beaucoup changer. Le ton d’affirmation cosmique de la Huitième est devenu dans la Neuvième celui du désespoir et de la résignation.
La première exécution publique de la Neuvième est dirigée par Bruno Walter. Alban Berg, qui y assiste, parle de l’œuvre « la plus admirable que Mahler ait écrite ». Arnold Schönberg, dans son discours de Prague sur Gustav Mahler (1913), fait remarquer que, dans la Neuvième, « l’auteur ne parle quasiment plus à la première personne ; c’est comme si cette œuvre émanait d’un autre auteur, caché, qui ne faisait qu’utiliser Mahler comme porte-voix ».



