Quand le jazz moderne rencontre les mélodies des chants pygmées, avec des accords qui se succèdent comme un déferlement de vagues : Archie Shepp, l’un des apprentis préférés de Coltrane, réinterprète « Africa/Brass », le légendaire album du saxophoniste (1961). Les morceaux sont arrangés par un ami d’Archie Shepp, avec lequel il a beaucoup d’affinités : le trompettiste Charles Tolliver. Comment « Africa/Brass » sonnera-t-il sous ses doigts, quelque cinquante ans plus tard ? À l’époque, les critiques de jazz sont d’abord restés interdits. La plupart déploraient l’absence de développement mélodique dans le titre phare et de logique musicale reconnaissable. Il s’agit avant tout d’émotions brutes, qui viennent à s’exprimer grâce à la reprise d’idéaux sonores et de rythmes archaïques.
Image : Sascha Rheker
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