Signés sur le label californien Nacional Records, les Colombiens Bomba Estereo sont l’un des fleurons de la nouvelle scène de Bogota. Né dans les clubs techno il y a presque dix ans, ce mouvement mixe cumbia (la musique traditionnelle colombienne) et électro. Tantôt rythmés par des sons du Pacifique, tantôt tournés vers la côte atlantique, les quelques groupes qui incarnent ce renouveau contribuent chacun à changer le paysage musical colombien.
Et c’est un véritable incendie qu’a propagé le bien nommé Fuego, tube improbable né d’un jam entre Li Saumet, la fougueuse chanteuse, et Simón Mejía, bassiste inspiré. Allumé à Bogota, ce foyer a multiplié les poudrières, de New York à Paris, de Los Angeles à Tokyo. Car tout le monde a succombé à cet hymne qui mêle, en plus du cumbia et de l’électro, le hip-hop et le ragga – un melting pot même pas étonnant quand on connaît le cosmopolitisme et la soif de modernité colombiens.
Mieux qu’un simple “one-hit-wonder”, ce quatuor est un véhicule sans frein pour dynamiter les barrières culturelles : aux cris de joie des puristes electro s’ajoutent désormais les ovations d’un public hétéroclite, chacun se paumant joyeusement dans ce déluge de sons et de couleurs.
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