Bienvenue en terrain Glissant ! Le poète et essayiste martiniquais, plus présent que jamais pour penser l'éclatement des identités dans un monde à réenchanter, nous confiait en 2007 : « Une langue vit du frémissement de toutes les langues qui la travaillent secrètement ». Son complice Jacques Coursil, musicien, philosophe et mathématicien, prolonge le souffle, de sens à sons, du tremblement intérieur au frisson partagé, vers « l'eau de l’art ». Là, l'attend Bernard Lubat, créolisateur-scateur prêt à tout faire jazzer, pour le meilleur et pour le « dire ». Rattrapés à toutes jambes par les claquettes du New-Yorkais Tamango, ils se laissent emporter dans le tourbillon rythmique nourri par le prodigieux Mossim H. Kawa, les perces diluviennes du Guadeloupéen Sonny Troupé et le flot torrentiel du beat-boxer L.O.S. Festin sismique. Vers à vif : le slameur Dgiz, le saxophoniste Raphaël Quenehen, les danseurs Mathieu Desseigne (Alain Platel) et Antoinette Gomis, sous la pression générale, crèvent les barrages et font valser les digues, noyant les dernières frontières sous un déluge de sons migrateurs et autres figures libres.
Photo : Trail of tears - Jacques Coursil © Esther Berelowitsch
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