En France comme à l'étranger, on connaît surtout les Fables de la Fontaine. Ce n'est souvent qu'un souvenir scolaire. Les Contes et Nouvelles seront une agréable découverte. Il faut ajouter “grivois” pour bien marquer la différence, en éveillant une curiosité légitime. Réputés “licencieux”, ils mettent en jeu l'amour et le désir, l'attente, la possession délicieuse, les chagrins, le dépit, la jalousie, l'humiliation etc. en soixante-dix récits.
Pour surmonter les interdits et les normes d'une société contraignante - la société catholique sous Louis XIV, dont certaines normes existent encore largement de nos jours - ce sont la ruse, la malice, les efforts déployés pour consommer “l’acte amoureux” qui forment le noeud de l'intrigue. Les victimes sont souvent des représentants du pouvoir et de l'ordre social, particulièrement les maris, ceux qui se donnent pour “légitimes” et honorables extérieurement. La Fontaine situe toujours ses personnages dans la hiérarchie sociale. Cette insistance élargit la volonté provocatrice des anecdotes. Rien d'innocent dans ces contes, chaque détail ajoute une plus-value pernicieuse aux récits. Cette fonction “déstabilisatrice”, ces transgressions des convenances par la sexualité et la caricature sociale bénéficient d'un langage de la plus grande élégance comme de la plus grande concision. C'est le langage poétique qui ménage la pudeur tout en stimulant l'imagination.
Ainsi, La Courtisane amoureuse, intimiste, préfigure les jeux de mépris et de domination qu'on trouvera plus tard dans les Liaisons dangereuses ou La Vénus à la fourrure.
Au programme :
I - La Courtisane amoureuse
II - La Servante justifiée
III - Le Poirier enchanté (extrait de "la Gageure des trois commères")
IV - Le Jouvenceau déguisé en servante (extrait de la Gageure des trois commères)
V- Joconde
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