Pour entamer l’année 2012, l’Orchestre Philharmonique de Radio France propose une soirée russe.
Tout d’abord, le Concerto pour piano n° 1 de Tchaïkovski. Ce premier concerto pour piano, le compositeur le destinait au grand pianiste Nikolaï Rubinstein. Mais quand celui-ci à la veille de Noël 1874 entendit Tchaïkovski interpréter la pièce, sa réaction fut d’une grande violence. Il qualifia l’œuvre d’injouable, et enjoint le compositeur à la revoir dans son intégralité. Ce que Tchaïkovski se refusa de faire. Il adressa alors la partition à Hans Von Bülow, qui la reçut avec grand enthousiasme, et la popularisa. Rubinstein fit par a suite amende honorable, et devint l’un des meilleurs interprètes du concerto, qui devint l’une de ses pièces préférées. Et s’inscrivit par la suite comme un incontournable du répertoire classique.
Ensuite, des extraits de Cendrillon de Prokofiev. L’œuvre, entamée en 1941, est perturbée par la guerre. Le compositeur n’en achèvera l’écriture qu’en 1944. Prokofiev traverse une période mélancolique. Dans cette URSS qui vit l’apogée du Stalinisme, l’occident lui manque. Pas de façon franche et explicite (il dédie Cendrillon à Tchaïkovski), mais d’une manière plus diffuse. Aussi, sa Cendrillon va se centrer sur la situation particulière de cet amour contrarié entre Cendrillon et le prince. Il en exprimera toute la poésie. Un point de vue qui s’éloigne des thématiques traditionnellement magnifiées dans les grandes pièces russes.
Immense pianiste français né en Russie, Mikhail Rudy a quitté l’URSS au cours des années 70, pour ne retourner en Russie qu’à la chute du régime soviétique. Il collabore depuis régulièrement avec les grands orchestres russes, et travaille souvent les répertoires des grands compositeurs russes.
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