Quoi de plus cohérent que Pierre Boulez à la direction de Bartok et Schoenberg ? Depuis plus d’un demi-siècle, et plus encore depuis 1974 avec la création de l’IRCAM, le Chef ne cesse de faire avancer la musique classique sur la voie de la modernité. Rien de plus naturel donc que de rendre hommage parfois à ceux qui compétèrent parmi les compositeurs les plus novateurs de la jonction entre les XIXe et XXe siècles.
La nuit transfigurée de Schoenberg est une œuvre de jeunesse, écrite pour Mathilde, la fille dont il est épris (la sœur d’Alexander Von Zemlinsky). Si l’on y ressent encore les influences de Brahms ou de Wagner, le compositeur ne s’embarrasse déjà plus des codes du romantisme allemand. Dantant d’avant ses recherches sur la dodécaphonie, il y flirte déjà avec la dissonance. Dans les années 40, en exil aux Etats-Unis, il transpose la partition originale prévue pour un sextuor à corde en partition pour Orchestre.
Le concerto pour piano n°2 de Bartok témoigne, lui, de la maturité de l’auteur dans ses recherches : une œuvre acrobatique, dangereuse et énergique, nourrit d’influences traditionnelles est-européenne (Bartok est l’un des initiateurs de l’ethnomusicologie). Pour autant, le Concerto reste l’une des œuvres les plus accessibles du compositeur, et une formidable porte d’entrée vers son univers.
Pierre Boulez est un artiste Deutsch Gramophon.
Photo © Pierre Boulez par Piwiyan
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