Après trois saisons « hors les murs », le Festival Présences de Radio France consacré à la création musicale, est revenu pour son vingtième anniversaire dans le giron de la capitale et s’est installé au théâtre du Châtelet. Reprenant sa formule originale, c’est un seul artiste qui est mis à l’honneur : le compositeur et chef d’orchestre finlandais Esa-Pekka Salonen. Quatre concerts du festival sont diffusés sur ARTE Live Web.
Pour cette affiche du 12 février, il est également à la baguette pour diriger trois œuvres écrites par ses soins et la symphonie n° 4 de Witold Lutosławski. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
Le programme débute par Gambit, une composition courte de 1998, commandée par le Holland Festival et dédiée à son ami et compositeur Magnus Lindberg à laquelle elle fait clin d’œil. Révisée en 1999, l’œuvre tire son nom d’un coup aux échecs qui consiste à perdre une pièce pour gagner un avantage.
Le concert continue par la dernière symphonie de Witold Lutosławski, dont le « l » barré rappellera les origines polonaises de ce compositeur du dernier siècle. Elle a été créée en 1993 par l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, alors sous la direction musicale d’Esa-Pekka Salonen. Œuvre à la tonalité sombre, elle nécessite de nombreuses percussions et est constituée de deux mouvements enchaînés.
Après l'entracte, on entre à nouveau dans l'univers de notre figure finlandaise avec deux œuvres (presque) éloignées de vingt ans. « Presque éloignées », car si Giro a été composée en 1981, après quelques exécutions, Salonen préféra la retirer de ses œuvres, la trouvant inutilement compliquée. Il attendra 1997 pour entamer une grosse réécriture à la faveur d'une commande, et la réinscrira à son catalogue.
L’apothéose de la soirée est la plus longue pièce orchestrale que Salonen ait écrite jusqu’ici : Foreign Bodies, « Corps étrangers », qu’il considère comme la « synthèse de toutes les idées » développées en 2000, année qu'il consacra exclusivement à la composition. L’orchestre se doit d’être riche (quadruple section de bois, six cors - rappelons que Salonen fut un brillant corniste avant de se tourner vers la direction -, deux harpes, quatre percussionnistes et un orgue). Elle se compose de trois parties : Body Language, Language et Dance.
L’Orchestre Philharmonique de Radio France est ainsi sous les ordres de la baguette de Salonen, actuellement chef principal et conseiller artistique du Philharmonia Orchestra (Londres).
Photo : JF Leclerc
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