Quand Lou Barlow quitte Dinosaur Jr à la fin des années 80 pour monter Sebadoh, il ne sait pas que son groupe atteindra un niveau de notoriété quasiment égal à celui du reptile géant de Jay Mascis. Pourtant, si Dino est devenu culte, c’est en poussant à l’extrême les clichés d’une scène incohérente jusqu’à en friser par moment le ridicule.
Sebadoh au contraire, en se tenant à l’écart des grandes tournées d’exhibition emmenant Sonic Youth, Nirvana, Hole, et les autres, a cultivé sa différence : la sensibilité. Ne prenant pas part à la course aux décibels et au larsen, Sebadoh s’est concentré sur ses chansons. Jusqu’à les laisser en friche, soumises aux aléas de la représentation, à la bonne volonté de l’instant. Brouillon ? Lo-Fi ? Non. Simplement pour Lou Barlow, les chansons sont de petites choses fragiles qu’il ne faut pas trop contraindre, au risque de leur ôter leur âme.
Depuis, Lou et Jay se sont un peu réconciliés, et Dinosaur Jr comme Sebadoh tournent dans leurs configurations initiales.
Photo © Michael Cory

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