L’Orchestre de Paris propose une traversée de la musique française du point de vue d'un instrument : l'orgue. Depuis Saint-Saëns jusqu’au contemporain Thierry Escaich, les compositeurs jouent avec cet instrument-orchestre, pour amplifier la palette graphique du monde symphonique.
Saint-Saëns est un personnage surprenant de la musique française. Xénophobe à l’excès face à Wagner, compositeur prolixe, voyageur infatigable, tout à fait de son époque dans le goût du colossal. On délaisse son Feu céleste, composé pour célébrer l’électricité à l’Exposition Universelle de 1900, ses marches de couronnement, ses oratorios dimensionnés pour des arènes romaines... pour se concentrer sur la Danse Macabre, l’un de ses plus beaux poèmes symphoniques - un genre qu’il emprunte à son ami Liszt, sur le Carnaval des Animaux et sur la Symphonie pour orgue. Ce titre est d’ailleurs trompeur, car hormis la partie finale maestuoso, l’instrument n’y tient pas une place de soliste. Il épaissit l’ensemble du son orchestral.
L’œuvre de Thierry Escaich, commande du Konzerthaus de Berlin pour son ouverture de saison en 2008, poursuit dans le même sens, au conservant le clavier au centre des instrumentistes (Thierry Escaich a composé par ailleurs en 1995 un concerto pour orgue et orchestre, ce que La Barque Solaire n’est pas).
Dvorák, contemporain de Saint-Saëns, signe, lui, son concerto le plus connu, marathon soliste abondamment chanté.
Au programme :
- Thierry Escaich
La barque solaire pour orgue et orchestre
- Antonín Dvorák
Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op.104
- Camille Saint-Saëns
Symphonie n° 3 en ut mineur "avec orgue", op.78
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